Renouer avec la féminité sacrée

C'était un instinct. Une science curieusement inconsciente qui a traversé les strates de mon identité, jusqu'à émerger doucement vers mes 21/22 ans.

A cette époque, me bourrer de contraception hormonale a commencé à heurter mes convictions, j'ai choisi d'arrêter la pilule pendant un temps certain, j'ai renoué avec des règles et un cycle naturel. Une petite voix me disait qu'être bien dans mon corps nécessitait que je le connaisse. C'est à ce même moment que j'ai fait des recherches sur les protections périodiques et que j'ai choisi d'essayer la coupe menstruelle, que je n'ai plus quittée depuis. Je voulais préserver mon intimité des substances chimiques toxiques, et apprendre à mieux connaître mon anatomie et mon cycle

Je ne le verbalisais pas encore, mais je renouais en réalité avec ma féminité naturelle.

Le souhait de vivre des naissances physiologiques (que je n'ai pas pu vivre ainsi pour des raisons de santé toutefois), l'allaitement, la rééducation manuelle du périnée, se sont inscrits dans une identité de mère et de femme que je projetais comme étant connectée à un savoir féminin inné, une maternité ancestrale, à une confiance en mon corps.

Après la naissance de ma fille, j'ai repris une contraception orale par facilité, mais j'avais constamment le sentiment d'être morose, je perdais mon énergie de vie, mes règles étaient artificielles : je n'étais pas cohérente avec moi-même. En 2016, j'ai choisi d'arrêter pour de bon la pilule, et j'ai commencé à me redécouvrir. 

Je ne suis pas anti-pilule au sens où je sais à quel point cette contraception a pu être libératrice pour un tas de femmes. Je respecte pleinement les filles qui sont sereines avec cette contraception : je l'ai été parfois aussi. Le principal est de trouver ce qui nous rend cohérentes. Pour ma part, j'avais le sentiment que sous pilule, je vivais avec une étrangère. J'ai ressenti le besoin de me reconnecter à mon moi profond.
 
Je consigne mes humeurs sur des planches façon Art journal, la question de ma féminité y revient, car elle intimement liée à mes humeurs.

Au fil des cycles naturels, j'ai pris conscience d'un fonctionnement répétitif qui dépassait mes règles : mon cycle n'était pas qu'une question d'ovulations et de menstruations, il se traduisait par des récurrences d'humeurs, de pulsions, de besoins, qui revenaient au fil des semaines, par phases. Je voyais venir avec angoisse la semaine juste avant les règles, sachant chaque fois qu'il me serait difficile de cohabiter avec l'espère de furie vivant en moi à cette période.

Et puis je suis tombée sur un très bel article du blog Bambichoses qui abordait notre féminité lunaire : Le cercle lunaire féminin
Ce texte a été un déclic : il mettait des mots sur une idée qui germait en moi depuis plusieurs semaines. Je suis désormais bien plus consciente de mes phases, et bien plus disposée à les accepter, les accueillir...

C'était il y a 3 mois. Depuis, j'ai fait l'acquisition d'ouvrages qui abordent la question du cycle féminin mais aussi la féminité sacrée au sens large.
Je compléterai sans doute mon article quand j'aurai terminé La Femme lunaire de Miranda Gray et Âme de sorcière d'Odile Chabrillac.
Dans quinze jours, je participe dans ma ville à un atelier de deux heures intitulé "Vivre sa féminité au naturel". Y seront abordées la sexualité, la maternité, les règles, la contraception... Il me tarde ! 

On remarque ça et là un vrai regain pour cette féminité qui est la nôtre et je m'en réjouis. Dans une époque où la femme n'a jamais été aussi émancipée sur le plan social, on réalise que nombreuses sont celles qui ne connaissent que trop mal leur corps et qui ne lui font pas confiance. 

"[La femme] est devenue, par la contraception, maîtresse de sa fécondité mais il lui manque le sens de sa fierté intérieure, l'accès à l'imaginaire de sa grandeur, de sa valeur". Paule Salomon, préface de La femme lunaire, Miranda Gray, Jouvence.

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