Vie de famille sur pause

Tout est parti d'un subtil hasard qui a bien agencé nos calendriers.
Des congés posés en décalé faute de vouloir inscrire les enfants, épuisés, au centre de loisirs. Des grands parents désireux d'emmener leurs petits enfants en vacances. Trois jours de calme qui me sont ainsi offerts, comme un petit cadeau.

J'aime mes enfants.

J'aime leurs rires qui résonnent contre les murs, leur esprit qui pimente nos conversations, leur poésie naïve et enfantine, leurs dessins collés de travers sur les murs, leur câlins, leurs regards vifs. 

Je m'accommode de leurs chamailleries, de leurs effronteries, du bazar intersidéral qu'ils sont si doués pour répandre en un clin d’œil, et de la fatigue qu'ils provoquent chez nous, malgré tout.

Je réalise néanmoins que je ne mesurais pas, avant de devenir maman, le peu de répit que laisse un enfant. Et sans doute est-ce ce qui épuise le plus : être sollicitée continuellement sans bouton off.

C'est un bouton off que mes beaux-parents m'ont offert cette semaine. Une vie de famille mise sur pause.

Je redécouvre que dans le silence de mes murs, on peut entendre le ronron du frigo et le tic tac de l'horloge. Que le ménage ou le rangement peuvent rester visibles plus de dix minutes. Et même que je peux aller aux toilettes seule, summum du luxe !
Je suis toutefois tiraillée entre l'envie de rentabiliser chaque seconde de ce temps pour moi et rien que pour moi, et celle d'en profiter pour ne RIEN faire. Glandouiller, avec un thé et un bouquin sans un soupçon de culpabilité.

Je sais que ce silence est éphémère, je le déguste lentement, comme un délicieux sorbet au citron qui descend le long du cou et qui fait des frissons partout (c'est d'Henri Dès...). C'est aussi l'occasion de s'atteler à ce qui s'empile depuis le mois de janvier sur le bureau. Je fais une liste, elle est aussi longue que les poils sur mes jambes, que je vais enfin pouvoir épiler. Je règle les 3 factures de cantine en retard. Je raccommode quelques petits trous. J'arrose mes pauvres plantes assoiffées. Je boucle les projets qui n'attendaient que cela, être bouclés, par une exportation en .pdf et un petit clic sur envoyer dans une boîte mail.

Demain, ils n'attendront sans doute même pas d'être montés dans la voiture pour se disputer, il nous faudra à nouveau tolérer qu'à cinq ans, être à gauche ou à droite sur la banquette arrière est un sujet diplomatique sensible. Le bruit envahira immédiatement le salon. Ou alors ce sera le bazar ? Tiens, je me demande ce qu'ils feront en premier, du bruit ou du bazar ? Certainement un peu des deux. 

Demain, je les serrerai dans mes bras et je serai prête à être avec eux un peu meilleure, car un peu reposée. Ils diffuseront par leur présence un doux élixir d'amour dans tout mon corps, qui me fera dire que j'étais tout de même un peu, sans eux, une coquille vide. 

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