Bain de forêt

 
J'aperçois un chemin et je sais dès le premier pas que je plonge dans un bain de quiétude. Ma démarche se fait sourde, des grands bras de feuillages se courbent au-dessus de ma tête, une ambiance sonore m'enveloppe, les pépiements des oiseaux et les bruissements de feuilles forment un silence chantant.

Quand j'entre dans un bois, j'entre dans un temple. Imaginez mon extase alors que je trouvai dernièrement deux bois qui m'étaient inconnus en l'espace de quelques jours, accessibles à pied depuis chez moi !

J'habite en bord de centre ville, et en bord de nature. J'ai cette infinie chance de pouvoir me glisser dans un tunnel de feuilles alors que je flânais au pied d'un beffroi quelques minutes plus tôt. 

Marcher me fait grand bien, m'apaise et éclaircit mes ruminations. Marcher en forêt m'apporte plus encore. Une connexion se fait entre tous mes sens et ma psyché. Comme si c'était ma place.


Il paraît qu'au Japon se pratique le bain de forêt,  une activité parmi d'autres qui a été reconnue bénéfique pour la santé. 
Le hasard des cadeaux que nous recevons parfois a fait apparaître dans notre bibliothèque un ouvrage intitulé SHINRIN YOKU, L'art et la Science du bain de forêt
Dans son livre, le Dr QING LI explique les multiples bienfaits de l'immersion en forêt, étayant ses affirmations de nombreuses références à des études médicales sérieuses.
Si je connaissais les effets anti-dépresseurs des immersions dans la nature, j'ai été surprise d'apprendre d'autres avantages à se promener parmi les arbres. Je n'aurais jamais cru par exemple qu'un bain de forêt pouvait stimuler notre système immunitaire et agir de façon préventive sur certaines maladies comme les cancers. Le milieu de la forêt, par les substances qu'il nous fait respirer par exemple, agit directement sur notre corps et nos défenses. Je trouve cela assez incroyable !

Régulièrement fleurissent ici ou là des articles sur de nouvelles découvertes relatives au mode de vie des arbres. Je suis toujours épatée par l'intelligence de ces grands taiseux, et fascinée par ce que nous ignorons sans doute encore.

Je partage avec vous quelques photos de balades prises ces dernières semaines. Ces bois me semblent être d'autres mondes accessibles uniquement aux rêveurs.
Quelques clichés bien modestes d'espaces relativement préservés où la nature a su être très généreuse à notre égard, nous offrant tantôt le passage d'un chevreuil, tantôt de délicieuses guirlandes de mûres prêtes à déguster, des toiles d’araignées en forme de cœurs, des ballets de papillons, et tant d'autres plaisirs minuscules.
 
 
 
 
  
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
Correspondances, Charles Baudelaire.


L'ouvrage sur le Shinrin Yoku, dont je vous parle ci-dessus est paru chez First Editions et ressemble à ceci :
Je ne l'ai pas tout à fait terminé mais j'apprécie le style indéniablement nippon, mais aussi l'alliance de contenu scientifique et de guide pratique. Moi qui aurais pu rester une éternelle étudiante tant j'aime apprendre, je suis ravie par cette lecture, qui me tire également en dehors de ce que j'ai pu lire ces derniers temps, tout en faisant sens, me ramenant à cette connexion à la nature dont je ne pourrais me passer.

J'en profite pour souligner également mon énorme coup de cœur pour l'illustration de couverture qui a été réalisée à partir d'une gravure de Margaret Rankin. J'ai découvert cette artiste et j'admire énormément son travail, qui me donne envie de ressortir les gommes et les gouges, d'ailleurs ! Et si ce n'était pas un hasard ?

Au plaisir de discuter avec vous de vos plongeons en pleine verdure !

Commentaires

  1. Coucou !
    Ton article est merveilleux... Les photos sont magnifiques (je crois que ma préférée est celle avec l'eau), ton texte aussi. J'aime bien me promener en forêt, je préfère celles pas trop sombres, on dirait que les arbres se parlent (non, je ne connais pas d'Ents xD), et quand il n'y a pas de bruit c'est comme dans une cathédrale :)
    Par contre, les toiles d'araignées, très peu pour moi... Ce sont de vrais motifs géométriques incroyables, mais toiles signifie araignées, et j'ai peur d'elles (malheureusement).
    A bientôt ! :D

    RépondreSupprimer
  2. Je viens de lire ton article en prenant mon petit dej et ça fait du bien de voir de si belles images . Plus le temps passe et plus je ressens le besoin d'aller dans les bois, . Le dimanche je vais très souvent courir du côté de Vimy ou Lorette et je m'arrête toujours pour prendre des photos. Il me tarde presque d'être à l'automne pour en prendre plein les yeux !! Chez David (en Normandie) il y en a des magnifiques! Bref. La forêt c'est la vie :D
    Passe un bon we

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est superbe, à Vimy et Lorette ! Je suis d'accord, la forêt c'est la vie !

      Supprimer

Enregistrer un commentaire