Lectures #été2018

L'été est pour moi une période de "boulivrie" intense : je carbure à un roman toutes les 24 à 48 heures. A cette époque de l'année, j'ai grand besoin d'histoires pour bercer mon imaginaire, pour m'emmener ailleurs. La métaphore alimentaire est volontaire : je me remplis, de mots, de styles, d'intrigues, je nourris mon esprit pour lui donner un nouveau souffle, l'enrichir de nouveaux chemins intellectuels.

Je ne sais pas si ce genre d'articles vous plaisent, j'avais toutefois envie de partager avec vous des lectures qui ont marqué mes vacances.



Femmes qui courent avec les loups, Clarissa Pinkola Estés

Je vous en ai déjà parlé dans un billet précédent, malgré tout ce livre devait figurer dans cette liste pour la simple raison qu'il est celui qui m'a le plus touchée cet été.
Ce joli pavé de 800 pages n'est pas un roman, c'est un ouvrage qui mêle psychologie et contes populaires dans le but de tenter de dresser l'archétype de la psyché féminine. Un ouvrage érudit, donc, qui apporte un éclairage très instructif sur nos mode des pensée, sur nos protections mentales et nos forces. J'y ai trouvé des réponses qui me serviront tout au long de ma vie de femme. 

Arrête avec tes mensonges, Philippe Besson
Dans ce roman fortement autobiographique, Philippe Besson parle du premier amour et lui consacre une plume particulièrement jolie. Le narrateur raconte sa relation avec Thomas alors que tous deux étaient lycéens. Une histoire particulièrement belle parce que racontée au travers du prisme de l'homme mûr qui se souvient, jusque dans sa chair, de cette relation presque inachevée. Le personnage de Thomas, avec tout ce qu'il suppose de renoncement, social et affectif, m'a bouleversée. L'un des rares romans à m'avoir fait pleurer cette année.

L'écrivain de la famille, Grégoire Delacourt
Voici le troisième roman que je lis de Grégoire Delacourt. Alors que Danser au bord de l'abîme m'avait bouleversée, La liste de mes envies n'avait pas trouvé grâce à mes yeux. Je me demandais de quel côté de la balance celui-ci me ferait pencher. Il se trouve que j'ai aimé. Beaucoup !
Grégoire Delacourt y raconte la vie d'un jeune homme érigé écrivain par ses proches suite à ses prouesses enfantines de poète. Autour de ce personnage dont on suit la vocation d'écrivain raté devenu publicitaire, c'est une famille entière qui se délite. Et c'est l'amour qu'on questionne au fil de ces bouts de vie. Où commence le courage, où s'arrête la lâcheté ? 

En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis
Ce premier roman d'Edouard Louis a fait couler beaucoup d'encre. Dans ce récit à forte dimension autobiographique, l'auteur nous raconte la jeunesse d'Eddy Bellegueule - à savoir lui-même, puisqu'il s'agit de son nom de naissance - dans un village picard. Eddy grandit dans une famille d'un milieu très défavorisé, le texte crache cette violence environnante au travers des mots du narrateur. Sans surprise, Edouard Louis a des idées très arrêtées en sociologie, domaine qu'il a beaucoup étudié. Je ne suis pas assez familière de ce domaine pour entrer dans de grandes considérations sociologiques. La seule chose dont je peux parler avec certitude, c'est de l'émotion que ce texte a suscité chez moi. Je l'ai trouvé extrêmement bien écrit, quoique dérangeant parfois. Une grande souffrance ressort de ce récit, Eddy finit par s'arracher à son milieu comme s'il s'arrachait un bras, attiré par la lumière des milieux plus bourgeois et intellectuels. On sent pourtant l'amour pour ses parents, tapi derrière les phrases parfois si dures. Quoi qu'il en soit, voici un roman qui ne laisse pas indifférent. Je serais curieuse de connaître vos impressions à son sujet !


Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway
Est-il nécessaire de présenter ce grand classique de la littérature, prix Nobel en 1954 ? Je n'avais jamais lu Hemingway. Il n'est jamais trop tard pour combler ses lacunes. 
Ce roman est très court et pourtant si long ! D'aucuns l'ont sans doute trouvé interminable et pénible, j'ai moi même éprouvé ses longueurs, toutefois c'est un texte dont la forme est fidèle au fond. Nous, lecteurs, sommes un peu des vieux pécheurs sur leur barque quand nous embarquons avec Hemingway dans cette pêche à l'espadon. Inutile de vous en dire plus au risque de gâcher votre plaisir. Le vieil homme et la mer me semble être une belle fable sur la condition humaine, et la bataille de l'Homme contre la nature. On en retiendra que le chemin importe souvent bien plus que le résultat.

Mémoire de fille, Annie Ernaux
Après avoir lu L'Autre fille, et Une femme, je me suis plongée dans Mémoire de fille. C'est la dernière parution de l'auteur, si je ne me trompe pas, et j'y ai retrouvé ce que j'avais aimé dans mes deux premières lectures. Annie Ernaux revient dans ce texte sur sa première nuit avec un homme alors qu'elle était animatrice de colonie de vacances dans les années 50. J'aime la démarche autobiographique d'Annie Ernaux, sa façon de toujours questionner la façon dont on raconte ses souvenirs, d'interroger son identité, entre narratrice et personnage de sa propre histoire. J'éprouve toujours beaucoup d'intérêt et d'attachement pour cette auteur, dont je continue de lire l'oeuvre.

Vers la Beauté, David Foenkinos
De Foenkinos, j'avais adoré La Délicatesse et Les Souvenirs, notamment. Je me plonge dans ses textes en trépignant d'avance pour le plaisir que me procurera son sens de la formule.
Vers la Beauté est un roman qui mêle plusieurs histoires, celles d'un enseignant des Beaux-Arts qui se reconvertit et devient gardien de musée à l'autre bout de la France, celle de sa DRH, et celle d'une étudiante. La construction narrative m'a paru un peu bancale même si je comprends l'intention de l'auteur dans cette façon de bâtir sa trame. C'est une histoire de gens cabossés par la vie, qui cherchent dans l'art des réponses à leur mal-être. Une histoire mise en mots merveilleusement encore. J'ai apprécié un certain renouvellement chez Foenkinos : déjà il me tarde de découvrir son prochain texte.

Les prénoms épicènes, Amélie Nothomb
Enfin, j'ai terminé mes lectures d'été avec la fable tant attendue d'Amélie Nothomb !
Que j'aime la grandeur qu'elle parvient à donner à sa simplicité ! Les prénoms épicènes est une histoire grinçante, comme elle sait si bien les écrire. Du Nothomb efficace, dans la même veine que son roman de l'an dernier.


Commentaires

  1. Je n'en connais aucun... Sauf Amélie Nothomb, comme écrivain, et je l'adore !! Faut que je lise "Les Pronoms Epicènes"... :)
    Et je connais de nom "Le Vieil Homme et la Mer", mais il ne me donne pas envie... :/
    L'été aussi je lis beaucoup, surtout des pavés donc ça prends plus de temps (de la fantasy par exemple).
    Et en ce moment je lis beaucoup aussi, enfin pour un mois de rentrée en 1ère, avec les devoirs et tout... Pour l'instant 8 livres, et je suis dans "La Couleur des Sentiments", j'adoooore, c'est une relecture !
    Bisou<3

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    1. Merci Nyméria pour ton passage ici ! Je comprends que tu adores Amélie Nothomb, son personnage est déjà très attachant et sa plume très accessible et plaisante !
      Pour Hemingway, rassure-toi, si je l'avais lu à 15 ans, il me serait tombé des mains ;-)
      Effectivement tu as un bon rythme de lecture ! Je n'ai pas lu La couleur des sentiments en revanche j'en ai vu l'adaptation au cinéma : un vrai bijou !

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  2. Je viens de terminer Mémoire de fille d'Annie Ernaux. C'était le premier roman que je lisais de cette auteure. J'ai trouvé ce livre très intéressant, très introspectif. Très triste aussi, avec cette ignorance de la vie, cette destruction et cette méconnaissance de soi... Cela me questionne beaucoup sur l'importance d'échanger et partager avec nos enfants pour leur construction intime.

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    1. J'ai moi aussi éprouvé beaucoup de peine pour la jeune Annie qui saccage son intimité, par ignorance, par défi. Ce texte va être adapté au théâtre dans ma ville très bientôt, je vais très certainement aller voir la représentation.

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  3. J'ai le même sentiment que toi vis à vis du livre d'Edouard Louis, as-tu lu la suite? (Histoire de la violence)

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    1. Non je n'ai pas encore pris le temps de lire la suite mais je pense que je le lirai, je suis curieuse de voir comment évoluent ses textes !

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