Explorations, palpitations

 
Photo : pixabay

Avancer à tâtons dans ma propre personne, parcourir un espace pourtant si familier pour y trouver des portes dérobées. La rencontre avec soi, sans doute la plus belle. Nous avons toutes les données à portée de main, tous les accès à portée de conscience, seuls quelques voiles sont à lever !

L'écriture est un jalon qui me permet d'évaluer le chemin parcouru, de débroussailler le chaos qui m'effleure parfois. Je sais combien poser des mots, les sortir de ma bouche ou de mes ongles, les gratter, les murmurer, les calligraphier, a pu être auxiliaire.

Ces derniers mois, je me suis extirpée de relations vampires, contacts réels ou projections de l'esprit, montagne de temps consacré à des sangsues, réelles ou bâties de ruminations. Mettre à distance des exclusivités de l'esprit fut une réelle bénédiction. Souffrir cet arrachement - il était nécessaire - en pleine conscience du négatif dans lequel je pouvais me complaire et de l'écueil proximal qu'il faudrait éviter savamment. Bénir cette distance qui permet de trouver, dans le recul, tout le positif dont je pouvais nourrir mon expérience.

Et c'est ainsi que j'ai laissé la place. 
Un espace aéré, ouvert aux rencontres, propice à l'épanouissement des jolies fleurs. 
Un vide serein que je pouvais remplir d'explorations.

C'est ainsi que ces derniers mois, ces dernières semaines, j'ai osé m'aventurer dans des contrées nouvelles, m'ouvrant par là même à des rencontres multiples et solaires. Quel apprentissage !

Parmi les explorations merveilleuses, mener des cercles de femmes est sans doute celle dont je me surprends le plus moi-même. 

J'ai participé à mon premier cercle en mai. Je me suis documentée. J'ai ressenti l'envie de partager cette expérience avec des femmes de mon entourage, d'organiser à mon tour un cercle, c'était une nouveauté pour moi d'accueillir plusieurs femmes, dont des inconnues, dans mon salon tout en étant l'animatrice de cette soirée particulière. J'ai mené mon second cercle cette semaine, toujours aussi surprise d'oser prêter ma voix comme guidance et de réussir à créer un climat dans lequel les autres femmes ont ressenti la confiance nécessaire pour s'exprimer. Cette expérience aurait été impossible si je n'avais eu la possibilité d'être plus bienveillante envers moi-même, à force d'un gros travail, et si je n'étais pas parvenue à dompter mes peurs. Cultiver la compassion et l'écoute entre femmes est de loin l'une des plus belles explorations que j'ai menées cette année, après quelques épreuves douloureuses liées à des relations toxiques avec d'autres femmes. Je ressens une gratitude immense envers moi-même pour ce cadeau que je me suis fait d'ouvrir cette porte, mais aussi envers les circonstances, les rencontres, toutes bienveillantes et positives, qui m'ont menée ici. 

Ma voix s'est également créé une place nouvelle dans ma vie. Cette voix si discrète autrefois, inexistante dans certains pans de mon enfance où je n'étais que silence. 
C'est d'abord le joli projet de la Cie Noutique qui m'a amenée à prendre la parole devant un micro, un projet qui n'est pas anodin puisqu'il s'agit de se raconter soi, avec une réelle dimension identitaire. Mes pensées vont à Pauline et Nicolas, oreilles chaleureuses et incitant à la confidence, sans qui certaines paroles n'auraient sans doute jamais été formulées par ma bouche. Quelle surprise de prendre un plaisir fou à réitérer la prise de parole enregistrée pendant ce mois d'octobre en vue d'un spectacle qui sera monté pour l'hiver ! Et puis, les choses s'enchaînant parfois par un heureux hasard, la rencontre de Marie (peut-être passeras-tu par ici), artiste plasticienne, dans le cadre de mon travail, s'est avérée lumineuse et pleine de sens. Alors que la restitution de sa résidence s'orientait, a priori, vers quelque chose d'écrit, un support papier, elle a finalement pris la forme d'une émission de radio, me donnant l'opportunité, une nouvelle fois, de faire entendre ma voix. 


La parole libère. La parole guérit. La parole est magique. Je n'en doutais pas, j'en suis aujourd'hui convaincue. 

D'autres explorations encore ont rythmé ce début d'automne. 

Le yoga, abordé de façon nouvelle en compagnie de Maud, que je trouve formidable. 
Des échanges et des lectures sur la psychologie transgénérationnelle qui m'apportent une lumière nouvelle. 
La participation au comité de lecture d'une maison d'édition toute fraîche, qui me permet de découvrir des textes de tous genres, mais aussi d'aiguiser mon regard sur ce qu'on attend d'un livre, expérience très enrichissante pour mon rapport à l'écriture aussi. 

Je suis extrêmement reconnaissante envers toutes ces personnes qui me font confiance, qui m'aident et m'accompagnent dans mon parcours. Je me sens très chanceuse...

Commentaires

  1. Je me demande : où habites-tu ?
    J'aimerais vraiment participer à un cercle de femmes, mais je n'en trouve pas chez moi !

    Je ressens et comprends tout ce que tu dis : la voix, le yoga, le transgénérationnel ... Ca me parle tellement !

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