Lectures d'octobre 2018


Avec un peu de retard, je viens partager ici mes lectures du mois d'octobre. 

Parmi mes coups de cœur de l'année, sans hésitation, Les cerfs-volants de Romain Gary s'est frayé un joli chemin. 

Dans le dernier roman qui'l a publié de son vivant, Romain Gary met en scène un jeune Normand, Ludo, à la mémoire exceptionnelle. Celui-ci vit avec son oncle, le "facteur timbré", lequel fabrique des cerfs-volants. Au cœur de sa campagne, Ludo rencontre Lila, une jeune fille issue de la noblesse polonaise. Les cerfs-volants, c'est le récit de leur histoire d'amour, contrariée par la Seconde Guerre Mondiale et les jalousies humaines. Romain Gary y aborde avec une poésie remarquable la grande question de la fidélité : celle que l'on jure à ses valeurs comme à ses amours. 

"C'était la première fois que j'utilisais l'imagination comme arme de défense et rien ne devait m'être plus salutaire dans la vie."

"Lila demeurait blottie dans mes bras et je ne m'étais jamais encore senti aussi présent dans ses silences.
- On se prépare des souvenirs, disait-elle."

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J'ai lu Gabriel, de Valérie Tong Cuong, un peu par hasard, après l'avoir trouvé en bouquinerie. 

C'est une auteur que je connais assez peu, je partais sans a priori, et c'est avec beaucoup de facilité que je suis entrée dans ce roman. 

Gabriel est un père de famille proche de la retraite qui pète un plomb et s'enfuit brusquement de chez lui. Au gré de rencontres, il devient transformiste dans un cabaret avant d'être retrouvé par ses proches. 

Si la première partie du texte m'a bien plu, j'ai eu beaucoup de mal à le poursuivre. L'histoire prend une forme assez inattendue et les questionnements existentiels, dont on se demande s'ils relèvent de la folie ou non, m'ont définitivement perdue. Dommage, j'avais particulièrement apprécié la forme ciselée de la narration, fragmentée en chapitres courts et efficaces. L'écriture de Valérie Tong Cuong m'a "rassurée" sur ma propre façon de construire mes textes. 


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Douce, de Sylvia Rozelier, est un roman qui m'a été prêté par une amie. Une citation qu'elle avait partagée avait attisé ma curiosité.

J'ai apprécié ce roman, aux qualités littéraires indéniables, malgré tout j'en ai trouvé la lecture presque douloureuse.

La narratrice y décortique une relation amoureuse passionnelle devenue destructrice. Étape par étape, nous la suivons de la rencontre exaltante jusqu'à la chute et l'absolue nécessité de fuir. C'est un texte qui dit l'amour qui monopolise, qui étouffe, qui affame. Pour ma part, il a fait écho à des douleurs du passé et a pris une dimension très singulière. L'analyse émotionnelle et relationnelle y est d'une grande justesse.

"Si j'avais su de quoi il retournait, le cours des choses en aurait-il été inversé ? Rien n'est moins sûr. Il faut parfois aller jusqu'au bout de l'expérience, jusqu'au bout du silence. "



         


La fille à histoires, d'Irène Frain,  est un récit autobiographique dans lequel l'auteur retourne par l'écriture sur les traces de son enfance. Elle tente de comprendre la difficile relation qu'elle a entretenue avec sa mère, à la lumière d'un secret de famille lourd de sens. 
Je ne vais pas m'étaler, j'ai déjà parlé de ce texte dans cet article. A lire si ces questions de non-dits familiaux vous intéressent.

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La place, d'Annie Ernaux, est un texte que l'auteur consacre à son père. Revenant sur le récit de sa mort, elle convoque ses souvenirs pour tenter de dresser le portrait de cet homme important dans sa vie. Sans grande surprise, la question de l'origine sociale y revient, comme dans la plupart des écrits d'Annie Ernaux. Encore un très joli texte sur les relations familiales, qui nous amène à nous questionner nous-mêmes sur les liens qui nous attachent à nos parents.


Commentaires

  1. Un livre très beau de Valérie Tong Cuong : Pardonnable impardonnable. Il m'a impressionnée par sa maîtrise (non retrouvée dans ces autres livres) de la psychologie des personnages et des générations au sein de la famille. Je te le conseille :)

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    1. Oui tu as raison, j'avais commencé à le lire, j'avais bien accroché, la façon d'alterner les points de vue en dévoilant les relations de cette famille...je ne sais plus pourquoi je ne l'ai finalement pas fini.

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