La capsule #3

Il y a des textes qu'on lit, des vidéos qu'on regarde, des mots qu'on reçoit, qui nous changent, qui amorcent un virage dans la perception que l'on a du monde et de soi.


Avec ce petit rendez-vous "capsule", dont c'est le troisième épisode, j'aime partager ce qui m'a touchée, ce qui a planté en moi une petite graine ayant toutes les chances de germer.


J'ignore si ça vous parle. Si ça vous plaît. Mais laisser cette petite trace importe, je crois.

  • Confiance, vulnérabilité, connexion : découvrir Marina Abramovic


Marina Abramovic est une artiste que je viens de découvrir grâce à ma chère Maggie que je remercie infiniment.
Née en 1946 à Belgrade, cette artiste contemporaine serbe est spécialisée dans la performance. Tout au long de sa carrière, elle a mis à l'épreuve son propre corps, ses propres limites physiques et mentales, au point de se mettre dans des conditions extrêmes, frôlant parfois la mort de très près. 

Au-delà du côté sensationnel, presque dérangeant, de certaines de ses performances, j'éprouve une certaine fascination pour sa démarche, tandis que je la découvre à peine. La mise en danger en est, semble-t-il, le leit motiv, quant au public, il est pleinement acteur de ses œuvres, dans un questionnement fort du rapport de pouvoir/dépendance.

Dans ce genre de performances, je vois un engagement déroutant... Une forme d'engagement politique au péril de son propre corps devant lequel le public ne peut qu'osciller entre l'admiration et la crainte. L'artiste sort du cadre, nous expulse de notre confort.

Je partage plus particulièrement cette conférence TED bien fichue : Marina Abramovic y présente sa démarche artistique et pointe du doigt des mécanismes humains que nous connaissons tous.


Confiance.Vulnérabilité. Connexion. Des notions universelles qu'elle expérimente par le biais de son art et qui m'amènent à me questionner sur le sens de ma propre vie. 

Peut-être y trouverez-vous aussi des pistes de réflexion ?

  • L'apaisement dans la langue


J'ai écouté cette semaine le podcast d'un ancien numéro de Boomerang, l'émission d'Augustin Trapenard sur France Inter, consacré à Yann Tiersen.




Si ce compositeur est devenu particulièrement célèbre avec la BO du film Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, je ne connaissais pas grand chose de lui en ce qui me concerne.

Dans cette émission, j'ai beaucoup aimé ce qu'il explique du lien entre notre langue et les concepts de notre esprit. Chaque langue est une façon d'envisager le monde, certains concepts sont presque impossibles à traduire. Yann Tiersen a trouvé dans le breton les mots qui entraient en cohérence avec son rapport au monde, et par là même une forme nouvelle d'apaisement...et je trouve cela vraiment puissant !

  • La féminité cyclique


Cette fois, je triche un peu car je ne vais pas vous parler d'un nouveau livre lu sur le sujet. 
Simplement, je fais découvrir à des femmes de mon entourage la façon dont Miranda Gray envisage le caractère naturellement cyclique des femmes et j'avais envie de faire une petite piqûre de rappel par ici !


Dans Lune rouge, Miranda Gray aborde, au travers d'un conte, la nature de l'identité féminine, la puissance du cycle féminin
Elle met en lumière les quatre phases par lesquelles nous passons, en tant que femmes, au fil de nos cycles menstruels. Elle les symbolise par quatre figures féminines que l'on retrouve dans de nombreux contes et histoires populaires :
- la vierge
- la mère
- l'enchanteresse
- la sorcière

Quatre phases qui répondent aussi aux grandes périodes de nos vies de femmes. Quatre phases liées à des humeurs, des envies, des capacités, qui arrivent, se déploient et s'éteignent, continuellement, au rythme de notre corps, au rythme de nos lunes.

Si au départ, ce concept peut faire sourire, sembler quelque peu ésotérique ou perché pour nos esprits formatés par une société où tout doit être linéaire et performant, il ne faut pas longtemps pour réaliser en tant que femme que Miranda Gray vise très très très juste.

J'ai trouvé dans cette approche un éclaircissement sur mes variations d'humeurs qui, d'un point de vue masculin, faisaient de moi une personne changeante. Ce qui pouvait être un inconvénient est en réalité ma force. 
J'y ai décelé une clé de compréhension de mon corps en tant que "tout", cette matière au fonctionnement biologique intimement liée à mon fonctionnement psychologique. Cette compréhension m'a ouvert la voie d'une certaine réconciliation. 

Depuis ces lectures, je ne cesse de penser qu'auparavant, je m'ignorais en tant que femme. Sincèrement.


Beau week-end chez vous !


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