Les oisillons

Si je ferme les yeux, je les revois minuscules. 

Je me souviens des traits de leur visage à quelques jours à peine, ces expressions qu'ils retrouvent chaque nuit dans leur sommeil, paupières lourdes, bouche entrouverte, souffle serein.

Mes oisillons. 

Eux qui, hier encore, s'accrochaient à mon sein, goûtaient la purée de carotte avec étonnement, se hissaient avec fierté aux barreaux d'un parc, découvraient la liberté de marcher. 

Ce matin, il n'y avait plus de bébé dans la maison, mais deux grands enfants impatients, cartables sur le dos, quarante-cinq minutes avant l'ouverture de l'école. Leurs sourires disaient la joie de retrouver les copains, l'excitation des nouveautés, la fierté de se sentir si grands.

C'était moi qui cherchais le contact pendant l'appel, dans la grande cour aux marronniers. Une main glissée dans leurs cheveux, une petite caresse sur l'épaule. 

Ils se sont mis en rangs, ont suivi les professeurs, et si j'avais les yeux un peu mouillés, c'est parce que je devinais sous leur cartable les jolies ailes de papillon prêtes à se déployer. 

Ils n'avaient pas vraiment besoin de nous, ce matin, dans la cour de récré. 

Je me suis dit que nous avions réussi à bourrer leurs chaussures d'assez de confiance pendant ces belles vacances. Ce sentiment de former une équipe de choc, tous les quatre, a fait briller une nouvelle petite étoile dans un coin de ma tête. Elle s'ajoute au grand ciel étoilé qui s'offre à mes rêves, le soir, au coucher.

Commentaires

  1. C'est vrai que cette confiance c'est sacré!
    Et elle fait chaud au cœur.

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  2. C'est vrai qu'ils avaient l'air si fiers �� c'est grace a leurs supers parents!

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