Le sens de Pâques...

A l'approche de la fête de Pâques, que beaucoup passent habituellement en famille, je me suis assise un instant pour réfléchir au sens de cette date et à l'intérêt de la célébrer dans l'intimité de nos foyers confinés.

Je ne parle pas des Pâques chrétiennes uniquement, bien au contraire.

Quelle que soit notre, votre religion, que vous en ayez une ou pas, d'ailleurs, Pâques est un moment de l'année très fort sur le plan symbolique - pas seulement parce qu'on va se régaler de chocolat !

En ce qui me concerne par exemple, je ne suis pas chrétienne, bien qu'ayant reçu une éducation qui l'était, comme beaucoup de Français. Au début de ma vie d'adulte, mon chemin spirituel s'est complètement détaché de cette religion, de toute religion, même. Le christianisme est resté à mes yeux une espèce de folklore qui faisait perdurer des fêtes en nous donnant l'occasion de nous réunir.

Pour autant, à ce jour, j'ai envie de dépasser l'idée d'une simple chasse à l’œuf avec mes enfants car j'ai renoué, depuis trois ou quatre ans, avec une autre forme de spiritualité. Celle-ci est beaucoup moins attachée aux rites et aux éventuels dieux, mais beaucoup plus liée à la perception du sacré dans le vivant, à la contemplation de la nature et des astres, à la l'harmonie avec le rythme de la Terre, des saisons, des cycles naturels divers.



Que symbolisent les fêtes de Pâques, au fond ?

Les Juifs commencent en ce moment à célébrer Pessah, la Pâque juive. Ils commémorent la sortie d’Égypte de leur peuple, mené par Moïse, leur libération de l'esclavage, et la révélation de Dieu. C'est un hymne à la liberté, à la capacité de prendre son destin en main et à l'élévation de la conscience. A cette occasion, ils pratiquent de nombreux rites que je ne listerais pas car je les connais peu. Mais j'ai surtout retenu le grand nettoyage de la maison qui était effectué et la place de l’œuf, qui figure parmi les symboles de cette fête.

Les Chrétiens célèbrent quant à eux la résurrection du Christ, c'est la fête la plus importante de l'année pour eux, celle qui se trouve au fondement même de leur religion. C'est la mort qui est dépassée, la révélation d'une vie éternelle qui est offerte.

Mais Pâques puise aussi son histoire et sa symbolique dans la fête païenne d'Ostara (Pâques se dit d'ailleurs Easter en anglais et Ostern en Allemand !), liée à l'équinoxe de printemps, où l'on vénérait Eostre, déesse de la fécondité. C'est le temps des semailles et de la lumière qui revient, de la nature qui se réveille.

En matière de symboles, tout concorde vers la célébration d'un printemps réel et intime, spirituel.
La nature sort doucement de son sommeil, de même que peut-être, nous-mêmes sortons d'une certaine phase de repli, de fermeture aux autres et à la spiritualité.

L’œuf qu'on offre ou qu'on décore nous invite à avoir confiance en la vie qui se perpétue, c'est une promesse, mais c'est aussi un bien précieux et fragile qui nous rappelle à quel point la vie est elle aussi précieuse et fragile.

Le grand ménage, de notre foyer matériel comme de notre intérieur, est l'occasion de nous détacher de ce qui ne nous est plus utile. Vider ce qui encombre, redécouvrir des petits recoins oubliés ou délaissés, remettre de l'ordre, se délester.

La lumière gagne du terrain sur l'ombre, et peut-être pouvons nous tirer profit de l'hiver qui s'achève pour regarder sous un nouveau jour qui nous sommes, pour comprendre des fonctionnements limitants et s'ouvrir à des révélations qui nous permettront d'avancer sur nos chemins respectifs.

Les arbres bourgeonnent, les graines commencent à germer. C'est le temps des semailles qui arrive, semailles qui nous promettent de beaux fruits, de beaux légumes pour l'été. Semailles d'idées, de projets, aussi, pour espérer récolter le fruit de nos travaux et de nos ajustements d'ici quelques temps. 
C'est être patient, et avoir foi en la vie. C'est entreprendre en sachant que les belles choses prennent souvent du temps - et en confinement, plus encore - mais garder le sourire parce que la confiance nous fait garder le cap !

Quelles jolies symboliques, vous ne trouvez pas ? Chacun peut vivre sa pâque intérieure, quelles que soient ses croyances. 
 
Cette année est sans aucun doute l'occasion pour aborder Pâques avec les enfants en allant bien au delà de la simple chasse aux œufs et de l'orgie de chocolats. C'est une main tendue pour dépasser les incitations consuméristes qui sont partout en temps normal !

Cette semaine, nous avons donc réalisé des décorations en papier avec les enfants autour de la forme de l’œuf, pour faire entrer Pâques chez nous. 



Bien sûr, la question des cloches et du lapin s'est posée ! Vont-ils passer quand même cette année ? Mais nous ne recevrons pas de chocolats de nos grands-parents ?
Alors on interroge, on éclaire. Est-ce l'abondance de friandises qui fait Pâques, les enfants ? A quoi sert-elle, cette fête ? D'où vient-elle ?

Nous prenons ces quelques jours pour leur en  expliquer les symboles. Nous ouvrons des petites portes de conscience, nous faisons des semailles. 

Semailles d'amour, d'écoute. Semailles de priorités. Semailles de sens.

Je vous souhaite de passer un joli week-end et de pouvoir saisir les multiples renouveaux qui s'offriront à vous en ce printemps ensoleillé, en espérant que vous soyez en bonne santé.


Commentaires

  1. Coucou Sophie. J'ai appris plein de choses en lisant ton article. Ici il y aura des petits chocolats cachés dans notre petit jardin. A 2 ans ça va être drôle. Passe un bon weekend 😘

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    1. Je trouve qu'à deux ans, toutes ces traditions sont un régal avec les enfants : l'émerveillement est maximal !

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