Vos avis sur mon dernier roman / Petite histoire de réception

Écrire un roman demande beaucoup de temps, beaucoup d'énergie, beaucoup de persévérance et d'envie. C'est un chemin pavé de doutes.

Est-ce que je vais réussir à aller au bout de ce projet ? Est-ce que c'est bien écrit ? Est-ce que ça va plaire ?

Quand enfin on pose le point final de notre histoire, on respire, on se dit que le plus dur est passé, que le plus difficile est derrière nous... Mais au-delà de l'acte d'écrire, donner à lire est une autre étape, et pas la plus facile.

Publier, c'est s'exposer.
Un livre qu'on diffuse est une histoire offerte aux lecteurs et aux lectrices. Quand on est une auteure inconnue du public, les premiers lecteurs, on les connaît. Quand les ouvrages prennent un peu leur envol, même un tout petit peu, ils rencontrent des lecteurs que nous ne connaissons pas. C'est la grande aventure de l'inconnu, celle qui suppose de laisser voguer son histoire jusqu'à des imaginations multiples.

Au début, on voudrait plaire à tous.
Quand je découvre les jolis avis que vous déposez sous mon livre, évidemment, ça me fait chaud au cœur.  J'en partage quelques extraits avec vous aujourd'hui pour vous remercier de votre enthousiasme ! C'est beau de voir qu'un texte qu'on a aimé écrire fait du bien à d'autres personnes. On écrit pour apporter quelque chose aux gens : un plaisir de lecture, une réflexion, des rires, un apprentissage, des émotions, de la détente... Il y a tant de possibilités selon le livre ! Alors quand ça fonctionne, quand les gens aiment, c'est un vrai bonheur.



       


En tant que lectrice, j'aime découvrir des avis nuancés sur les livres qui sont chroniqués ici et là, j'aime les retours argumentés et constructifs.
Rien de pire que d'acheter un livre encensé de tous et d'être terriblement déçue, de ne pas accrocher.
En général, beaucoup de chroniqueurs bienveillants ne parlent que des livres qu'ils ont aimés. Je comprends leur démarche : ne pas blesser les auteurs, c'est tout à fait honorable.

(Notez que les réseaux peuvent amener l'extrême inverse : une critique acerbe amène une déferlante d'avis négatifs et de descentes en flèche parce que certains adorent lyncher depuis leur écran, c'est tellement facile !)

Moi, ce que j'aime, c'est la nuance. Car j'ai du mal à croire au tout rose ou au tout noir. Plaire à tout le monde, c'est impossible.

Ce goût pour la nuance, il n'y a aucune raison de ne pas l'appliquer à moi-même.

Par exemple, je vous le dis, j'ai reçu des retours de lecture un peu plus mitigés. Des lectrices qui ont trouvé l'histoire décousue  au démarrage, qui ont été frustrées de trouver des passages trop vite balayés, qui auraient aimé des personnages plus fouillés.

On me fait parfois remonter des coquilles, aussi. Oui, que ce soit dit une bonne fois pour toutes, il en reste 2 ou 3 (malgré les très nombreuses et pointues relectures de personnes différentes, vous tenez dans les mains un livre auto-édité, qui n'a pas d'équipe éditoriale derrière lui) et un mini couac (une phrase qui apporte une incohérence temporelle, correction que je pensais avoir reportée mais passée entre les mailles du filet).

Vous savez tout.

Au-delà de ces petites choses, j'espère que pour un livre auto-édité, vous trouvez quand même l'objet-livre réussi, malgré les imperfections. J'ai adoré travailler sur ma couverture, par exemple, et j'ai essayé d'aboutir à une mise en page soignée. C'est un gros travail que de construire son livre de A à Z, et après Z encore (pour tout ce qui concerne la communication autour de l'ouvrage). Je n'ai pas vraiment de retour là-dessus. J'ose espérer que tant visuellement que dans le confort de lecture (choix du papier, typographie...), ce livre "se défend" face à d'autres ouvrages édités.

Au début de ma démarche d'écriture, en 2016, il n'a pas toujours été simple pour moi d'accueillir la critique. Aujourd'hui j'ai grandi.

Je n'ai plus de problème avec le fait que des gens puissent ne pas aimer mon livre ou la façon dont il est écrit. J'ai écrit ce que je voulais écrire, je suis en accord avec ça.
A trop se référer aux avis des autres, on peut se retrouver non seulement face à des conseils nombreux et contradictoires, mais aussi s'éloigner de son intention d'écriture.
Même si on a forcément un "lecteur modèle" à qui on adresse son histoire et qui guide l'écriture, je crois profondément qu'il est important de "garder son centre", de ne pas s'éparpiller dans l'envie de satisfaire tout le monde.

J'ai appris à prendre du recul, à écouter les critiques constructives qui parfois permettent d'améliorer mon travail, mais aussi à accepter de ne pas faire l'unanimité.
J'apprends à ne pas donner mille fois plus d'importance à un commentaire négatif qu'à un commentaire positif.

Notre société n'est pas toujours tendre avec les défauts, nous mettons parfois beaucoup d'énergie dans la critique en oubliant de valoriser le positif.

Notre culture accorde beaucoup de place au jugement en général, à l'ego, aussi. Je pense que cela joue énormément dans les postures d'exposition des gens qui créent et dans les postures de réception des gens qui lisent/regardent.

Je ne suis pas parfaite, j'ai même plein de défauts (qui sont autant d'axes de progression, non?), mais je ressens beaucoup d'humilité.  Tous les partages d'avis de lectures positifs que vous pouvez lire par ici ne sont pas là pour flatter mon ego.

Il n'empêche qu'écrire un livre, c'est aussi faire en sorte qu'il soit lu, ça suppose d'en parler. Il faut trouver le juste milieu entre la promotion et l'humilité, oser défendre son travail et en être fière, sans prendre le melon.

Écrire des livres m'a aussi apporté un recul sur la façon dont je peux juger/critiquer les autres. Cela force la remise en question.
Quand on sait ce que l'on peut ressentir quand on reçoit des critiques, on apprend la délicatesse dans les remarques qu'on fait aux autres, on apprend à être plus bienveillant, c'est certain.
Le positif d'abord. Les conseils ou la critique utile, équilibrée et constructive, ensuite, quand on y arrive. J'essaie de ne jamais oublier que mon ressenti est subjectif et pas universel.

Et toujours la question de la place de l'ego dans l'avis que je me fais : est-ce que je critique pour me rehausser ? Pointer les défauts des autres est parfois une parade pour regonfler sa propre confiance en soi. Une phrase dit "Si tu tires une supériorité de la différence, c'est ton ego qui parle."

C'est tout un apprentissage que de s'exposer au jugement des autres, je suis heureuse de le vivre, j'ai le sentiment que ça me fait beaucoup évoluer. C'est apprendre à m'estimer, à connaître ma propre valeur, sans plus attendre que ce que je pense de moi-même dépende de la validation du monde extérieur.

Merci donc à vous tous, qui aimez ou n'aimez pas mes livres, vous apportez des belles choses sur mon chemin, vous me faites grandir!

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