Mes petits souliers

Faire la promotion de mon travail me donne toujours l'impression de marcher avec une jambe plus courte que l'autre. Je ne suis pas de celles qui se jettent des fleurs, qui s'auto-congratulent. Quand je dirige la lumière sur moi, je ressens toujours un petit malaise.

Pourtant, écrire des livres, c'est comme le reste : à quoi bon publier si c'est pour se cacher ? Il faut bien s'approprier un peu de lumière tout de même.

Ce n'est pas la politique de la maison, voyez-vous, l'autosatisfaction. Parce que le doute de soi a toujours fait partie des fonctionnements, chez moi, chez nous. L'humilité empêche peut-être de viser haut, je crois surtout qu'elle permet de garder la tête froide et d'entretenir la possibilité de progresser. Il faut un juste milieu.

L'exposition, offerte par un blog par-ci, un compte de réseau social par-là, peut donner l'impression du succès, de la réussite. Cette exposition peut même cultiver l'illusion du talent. Mais là n'est pas la vérité.

On peut mettre en œuvre toute la promotion du monde pour faire connaître son art, on peut vendre en quantité, rien n'est joué tant qu'on n'en mesure pas la réception. 

Sans doute est-ce pour cette raison que je préfère jouer avec la flamme d'une belle bougie plutôt qu'avec le feu des projecteurs. 

La lumière est duelle. 

C'est le même soleil qui vous inonde de ses rayons voilés au petit matin ou qui vous brûle les épaules au beau milieu des canicules. C'est le même feu qui tremble sur une mèche de photophore ou qui annihile une forêt.

Feu de joie. Feu de paille. Ou feu-follet. Dans l'obscurité, une étincelle suffit à se faire notre guide.

Il est peut-être étrange, ce billet. Il est sûrement dicté par la terreur que m'inspire l'imminence des retours à propos de mon roman dernier-né. 

C'est juste un rappel. Un astérisque comme une clause à lire avant de signer. 

Ce qu'il faut retenir de mes livres se trouve entre leurs lignes. Quant à moi, où je suis... et pour longtemps encore...

... dans mes petits souliers !



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