Randodicace / retour en mots et en images !

 

Une dédicace nomade ?

L'idée d'une dédicace nomade me trottait déjà dans la tête l'an dernier, quand j'ai publié Un diamant dans une boîte à chaussures en pleine sortie de confinement.

Cette année, Zak et Anouck est lui aussi paru au moment où les restrictions commençaient à être levées. Néanmoins, les dédicaces dans les librairies de ma ville n'ont pas encore repris.

Or, c'est un peu superstitieux, mais j'aime l'idée de commencer à promouvoir un nouveau livre dans mon fief. Alors je me suis lancée : en route pour la randonnée-dédicace, vive la RANDODICACE !

Évidemment, j'ai pensé à Nans et Mouts de "Nus et culottés" ou encore à Antoine de Maximy dans "J'irai dormir chez vous" : je comprends ce qu'il y a de grisant dans leurs aventures vagabondes. A priori, moi, je ne suis pas une aventurière. Mais deux grandes envies m'ont dicté cette idée : j'aime les longues balades qui permettent d'apaiser l'esprit et offrent une forme de contemplation méditative ; je prends aussi un immense plaisir dans les rencontres avec les lecteurs et les moments de lecture partagés.

Alors j'ai enfourché mon vélo ce dimanche 23 mai à 9h, direction Béthune et ses environs. Cinq étapes étaient prévues dans ma ville et dans deux villages voisins.

 

Enfourcher mon vélo...

Après une semaine de pluie, on peut dire que j'ai eu de la chance : pas une averse à l'horizon ce matin là !

Je n'avais pas décidé précisément de l'ordre des étapes, je n'avais pas déterminé d'itinéraires. Je connaissais les secteurs géographiques de mon parcours, je me suis donc laissé porter par l'envie du moment.

J'ai surtout eu envie de faire de cette dédicace nomade un moment de partage, de joie, sans pression, sans contrainte. Il était hors de question que cet événement devienne une course chronométrée avec option "to do list". Il fallait bannir les chiffres et l'idée de performance, à tout prix : le but de la randodicace était évidemment ailleurs. Place à la liberté, à la lenteur, à la spontanéité.

J'ai enfilé la robe la plus fleurie de mon armoire, j'ai accroché quelques boutons d'or à ma boutonnière, et zou !

Les inscrits à l'événement ne savaient pour ainsi dire pas à quelle heure je passerais chez eux. J'avais donné une fourchette large : 9h-12h, et quelques indications pour ceux qui avaient des contraintes familiales. 

Ce n'est pas forcément évident ou naturel pour tout le monde de lâcher-prise, de ne pas savoir comment les choses vont se passer, de ne pas être aux commandes de l'organisation. Pourtant, beaucoup d'événements jusqu'ici m'ont prouvé que la magie simple des beaux moments, que la spontanéité de l'imprévu, apportaient leur lot d'émerveillement. 

La vie commence au-delà de la peur, et sa beauté se trouve en dehors des listes à cocher et des plannings.

Dimanche, donc, j'ai parcouru 17 km sur les routes de ville, de villages, de campagne proches de chez moi. (J'ai compté sur une carte a posteriori, je n'avais surtout pas mis de compteur sur mon vélo.)

Partage, ancrage

Vous m'avez ouvert vos portes, vos fenêtres, vos jardins. 

Je vous ai lu le début de mon livre à voix haute. Même aux adultes, oui. Quel adulte prend le temps, aujourd'hui, de se faire lire des histoires ? 

Nous avons partagé ces moments à l'abri du vent, sur le parvis d'un immeuble (au diable si l'on a réveillé les voisins), assis au soleil sur un trottoir, dans un jardin en compagnie des voisines, dans un salon juste avant un repas de famille. 

Nous avons fait des vœux en fermant les yeux très fort et nous avons soufflé sur des pissenlits.

J'ai accroché la guirlande de vos sourires à mon vélo. Zak et Anouck ont pris leur envol dignement dans le béthunois. C'était l'un de mes plus beaux moments de dédicaces. 

Il me conforte d'ailleurs dans mes motivations d'écriture. Bien sûr, j'aimerais que mes livres rencontrent de nombreux lecteurs. Mais je n'écris pas en fantasmant le métier d'écrivain, mon objectif n'est pas de devenir célèbre ou de passer à la télé, je n'aspire pas à devenir fortunée. Au contraire, j'espère que je pourrai longtemps cultiver cette proximité, ce lien les yeux dans les yeux, improvisé. Dans cette audience plutôt confidentielle se loge la possibilité de m'asseoir sur un petit bout de trottoir avec l'un d'entre vous pour échanger quelques mots. J'aime cette simplicité qui procure aussi de l'ancrage : ancrage local, ancrage terrestre. La tête sur les épaules en même temps qu'elle flirte avec les nuages, les deux pieds bien enfoncés dans le sol, ne cherchant pas à courir sans cesse vers un ailleurs idéalisé.

Un immense merci à vous qui avez eu envie de prendre part à cette randodicace !

Voici le film souvenir de cette matinée, bon visionnage !





Commentaires

  1. Quelle idée originale et géniale ! J'aurais adoré vivre dans les environs de Béthune pour ce moment de partage ! Bravo Sophie !

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    1. RDV au prochain roman ! Je suis l'une des privilégiées à avoir accueilli Sophie dans le jardin... La prochaine fois, Cindy se joindra à nous ;-) !

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  2. Quelle superbe idée Sophie; une idée qui te va bien je trouve, plein de saveur et de richesse intérieure!
    Avec des jolies rencontres à la clé, bien sûr.
    Merci pour ce partage si joli et touchant.

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    1. Merci Marie. J'aime l'authenticité et le partage qui découlent de ce type d'initiatives !

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